La Méditation
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Les tibétains expliquent ce qu'est la méditation par un jeu de mots: "Il n'existe pas de méditation, il n'y a que l'habitude" (le mot Gom veut dire méditation et le mot Kom habitude, accoutumance).

Parvenir à une bonne méditation n'est donc pas un don tombé du ciel, mais c'est le résultat d'une pratique assidue, de même que le bon pianiste ne peut se dispenser de gammes. La méditation est l'entraînement du mental que l'on oblige, de manière ni trop contrainte ni trop relâchée, à demeurer fixé sur l'objet choisi. Le premier objectif de la méditation sera donc une concentration parfaite. Lorsque la concentration sera bien établie, on pourra alors se concentrer sur la contemplation de la nature propre de tous les phénomènes sensibles et de celle de son propre esprit et parvenir ainsi à l'éveil qui est la compréhension de l'ultime essence de vacuité au cœur de tout. L'éveil est la libération des Bouddhas et constitue le but de toutes les pratiques bouddhistes, quel que soit le moyen ou véhicule utilisé pour l'atteindre. Pour y prétendre, il est nécessaire de passer par un certain nombre d'étapes et nous renvoyons les personnes intéressées à la page Introduction au Bouddhisme.

Notre but ici est de vous donner un aperçu du fonctionnement ordinaire de votre mental, grâce à une petite méditation simple. Les bouddhistes tirent un grand profit d'une telle méditation car ils sont capables de la relier aux autres enseignements reçus sur la vacuité ou la compassion. Les autres n'en auront qu'un bénéfice plus limité mais cette méditation leur donnera peut-être envie de poursuivre.

 

Selon les possibilités de chacun, on commencera la session par trois prosternations dans la direction de l'autel ou vers une représentation du Bouddha.

Après s'être ainsi prosterné, on prend place sur son coussin de méditation et on se tient dans la bonne posture :

  • Les jambes sont croisées dans la position du Bouddha, dite du Dorjé, ou simplement en tailleur, les deux mains dans la posture de la méditation, c'est-à-dire le dos de la main droite reposant dans la paume de la main gauche, légèrement en dessous du nombril, les bras bien détendus.
  • La colonne vertébrale doit être parfaitement droite de même que la tête, bien dans le prolongement de la colonne vertébrale; les yeux sont mi-clos sans effort, la langue est légèrement collée contre le palais.
  • La respiration est bien calme ; l'esprit se concentre sur l'objet de la méditation.

Les personnes qui, en raison de leur âge ou de leur état de santé, ne peuvent s'asseoir ainsi à terre peuvent méditer sur une chaise, à condition de se tenir le corps bien droit sans s'appuyer contre le dossier et de respecter les autres points décrits.

Il faut comprendre l'importance d'une bonne attitude physique lors de la méditation: il est dit dans les textes que c'est en se tenant le corps bien droit que tous les canaux qui parcourent le corps laissent alors circuler librement sans obstacle, les énergies et les fluides. Lorsque cette circulation se fait librement, on est alors à même de ressentir cet état d'union de la félicité et de la vacuité qui est la marque d'une bonne méditation.

 

On récite maintenant au moins 21 fois, en français ou en tibétain, la formule des refuges suivante :

 

PALDEN LAMA TAMPA NAMLA TCHIAP SOU TCHIWO
Nous prenons refuge dans les glorieux et saints Lamas.

DZOPAI SANDJIE TCHOMDEN DAI NAMLA TCHIAP SOU TCHIWO
Nous prenons refuge dans les bienheureux Bouddhas Parfaitement Accomplis.

TAMPAI TCHEU NAMLATCHIAP SOU TCHIWO
Nous prenons refuge dans le saint Dharma.

PAPAI GUENDUNE NAMLA TCHIAP SOU TCHIWO
Nous prenons refuge dans la suprême Communauté.

 

Vous n'oublierez pas que, comme vous et en même temps, tous les êtres vivants y compris vos propres parents,
récitent les mots de la prière et prennent refuge du fond de leur cœur.

 

On médite et récite ainsi :

 

"C'est pour le bien de tous les êtres vivants qu'il me faut atteindre l'état de Bouddha.

Dans ce but, je m'efforce de tourner vers la vertu les actes de mon corps, de ma parole et de mon esprit.''

 

On récite, tout en réfléchissant au sens :

 

"Puissent tous les êtres vivants posséder le bonheur et les causes du bonheur.

Puissent-ils ne jamais connaître le malheur et les causes du malheur.

Puissent-ils ne jamais être séparés du bonheur sans souffrance.

Puissent-ils toujours demeurer dans l'équanimité libre de toute partialité envers ce qui leur est proche ou éloigné.''

 

(tibétain Shiné)

Cette méditation a pour but l'apaisement des pensées et procure un grand pouvoir de concentration.

La sérénité mentale authentique s'atteint par une attitude de détachement envers les objets de plaisir mondains; il faut donc s'y exercer dans un lieu solitaire et tranquille où sont réunies toutes les conditions propices à la pratique. Différentes techniques et différents supports de méditation peuvent être utilisés; nous décrivons ici une pratique qui peut aussi être utilisée par des non-bouddhistes. Attention au cycle respiratoire En prenant le cycle respiratoire comme témoin de l'apaisement des pensées, on observe l'activité du mental afin d'en obtenir peu à peu le contrôle et l'apaisement.

C'est ainsi qu'on se concentre sur des cycles de 21 respirations consécutives en portant exclusivement son attention sur la respiration. Chaque cycle comprend une phase d'inspiration, une phase de repos et une phase d'expiration, et le but de l'exercice est de demeurer concentré sur la succession de ces phases, naturellement comme elles viennent, sans se laisser l'esprit distraire par d'autres pensées. On peut aussi alterner l'exercice précédent avec les variantes suivantes : Durant chaque cycle de 21 respirations consécutives on fait le compte du nombre de pensées qui viennent troubler l'attention à la respiration.

On peut par exemple les compter en se servant d'un chapelet. Recommençant le compte à chaque nouveau cycle, on s'efforce de parvenir à une meilleure concentration par la diminution du nombre de pensées perturbatrices. De façon similaire, on peut aussi vouloir distinguer entre les pensées positives et les pensées négatives qui apparaissent, dans le but d'éliminer ces dernières.

On se sert alors d'un petit tas de cailloux noirs et blancs qu'on dispose devant soi et dont on prélève des pièces noires ou blanches au fur et à mesure de l'apparition de mauvaises ou de bonnes pensées. De façon générale, on analysera les mauvaises pensées comme celles qui sont motivées par le désir-attachement, la haine-agressivité et l'ignorance. Si ces motivations n'apparaissent pas clairement, on peut aussi considérer comme mauvais tout ce qui vise à nuire à autrui ou à s'attirer un bénéfice personnel au détriment d'une autre personne. Le compte est analysé et recommencé après chaque cycle de 21 respirations.

Le premier résultat de cette pratique pour les débutants dans la méditation est de leur permettre de se rendre compte de leur manque total de contrôle sur leur mental. Si cette pratique est poursuivie de façon quotidienne et régulière, on apprend à maîtriser son mental et à le faire demeurer là où on le souhaite. Les bouddhistes se servent alors de cette maîtrise sur leur mental, pour le diriger vers la deuxième étape, à savoir l'examen de la vérité ultime de vacuité de toutes choses et du mental lui-même. Mais ces pratiques ne peuvent être entreprises avec succès que par des bouddhistes ayant reçu un enseignement de leur maître. Cette deuxième étape s'appelle celle de la Vision Pénétrante (tibétain Lhathong), et il est dit qu'elle est seule capable d'extirper à leur racine, les trois pulsions négatives fondamentales que sont le désir, la haine et l'ignorance.

 

 

En conclusion à toute méditation, il faut en dédier le mérite pour le bien de tous les êtres vivants afin qu'ils puissent parvenir eux aussi à l'état de Bouddha.

Nous vous avons ainsi donné un aperçu de la méditation.

La pratique quotidienne des bouddhistes adeptes du Vajrayana ou bouddhisme tibétain, est plutôt la pratique de la Saddhana ou Méthode pour Réaliser, qui réunit les diverses étapes décrites plus haut en prenant comme support de méditation une déité particulière dont le disciple aura reçu l'initiation de son Lama.